

PALESTINE

C.S.P.S ( Collectif Solidarité Palestine Sarladais)

prochaines actions sarlat
–Jeudi 21 août rassemblement RP Madrazès 17H/18H –Jeudi 28 août rassemblement place du 14 JUILLET 17H/18H puis réunion au colombier (18h15/20H)
–jeudi 4 septembre rassemblement place du 14 JUILLET 17H/18H puis
réunion publique au colombier (18h15/20H)
Dr EZZIDEEN 18 août 2025

lien pour donner au Dr Ezzideen, pour aider son hôpital ou pour la sortie de son livre :
https://linktr.ee/ezzideenshehab

EUROPALESTINE NEWSLETTER DU 19 AOÛT 2025
INFOS LOCALES

AMI-E-S DU LOT
Chez NICOLE
DIMANCHE 24 AOÛT « Chez Nicole » à MASCLAT à partir de 19h30 » MAS O LOCO » Musique Latino Cumbia Accordéon Guitare Repas/Concert 25€ (Grillades saucisses/andouillettes de canard – frites/salade fromage – dessert – café) RÉSERVATIONS : 06 76 14 31 72
INFOS NATIONALES

1°) BIS reptitas…CONTRE ATTAQUE IDÉE POUR LE DIX SEPTEMBRE …. ET UNE PJ EN PLUS ….

2°) CHRONIQUE DU NÉOFASCISME AUX USA

3°) «THOUSAND MADLEENS TO GAZA» : LA FLOTTILLE INTERNATIONALE DE LA LIBERTÉ CONTRE LE BLOCUS DE GAZA

M Tanguy s’est trompé de parti, je le vois bien se rapprocher de LFI un de ces jours. Ses préoccupations sont plus près de celles du peuple que de celles de Mme Lepen ou de M Bardella. Il faut juste qu’il réfléchisse.
ÉCOLOGIE NATIONALE !
AU FESTIVAL « LES RÉSISTANTES », LES LUTTES ÉCOLOS ET SOCIALES SE RENCONTRENT POUR SE RENFORCER
ÉCOLOGIE INTERNATIONALE !
POLITIQUE
LFI en ACTION partout en FRANCE

INFOS DIVERSES MOZILLA LIBé
INFOS INTERNATIONALES
RENCONTRE POUR L’UKRAINE AVEC LES DIRIGEANTS EUROPÉENS à la MAISON BLANCHE ?

ET POURQUOI PAS SOUS L’ÉGIDE DE L’OTAN PENDANT QU’ON Y EST ???
L’U.E RÉVÈLE SA SOUMISSION AUX USA !!!
RAPPEL de la dernière INFO.




VOIR LES NEWS DE L’HUMANITÉ :

https://r.diffusion.humanite.fr/mk/mr/sh/1t6AVsd2XFnIGAAn9bbtoJ7yiOIFKl/EE_8W3wOx48j
CULTURE HISTORIQUE
Haavara: l’accord oublié entre sionistes et nazis
CULTURE
Pink Floyd, Roger Waters – Song for Palestine.
HUMOUR, mais pas que...
DEPUIS QUE JE SUIS TRAITÉ « D’ANTISÉMITE » PARCE QUE JE CRITIQUE LE GÉNOCIDE À GAZA, JE NE SUIS PLUS SI SÛR QUE DIEUDONNÉ SOIT UN ANTISÉMITE NI UN RÉVISIONISTE. PEUT-ÊTRE EST-IL SIMPLEMENT CRITIQUE DE L’UTILISATION DE LA SHOAH PAR ISRAËL ? (Daniel)
quelques secondes pour sourire de personnes qui nous font trop souffrir
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« D’un côté on « débat » encore de la reconnaissance de la Palestine , de l’autre on nous impose la reconnaissance sans condition d’un État créé artificiellement sur un pays existant et qui n’était pas une terre sans peuple pour un peuple sans terre . Quelle est la légitimité , voire même la crédibilité de ceux qui veulent nous imposer la reconnaissance d’Israël et qui œuvrent par le même temps à la destruction d’un peuple qui préexistait sur la terre qu’ils ont contribué à voler , piller et coloniser ? Il faut un sacré culot pour demander à l’opprimé qui demeure écrasé par la violence coloniale de reconnaître l’entité qui l’opprime et qui le colonise CHAQUE JOUR .
Israël est fondé sur le nettoyage ethnique des palestiniens , il est naturel de ne pas valider son existence dans sa forme actuelle. »
Rima Hassan
Merci Danièle pour cette précision.
Jeter l’injustice à la mer!
Tout a été dit sur Israël, sauf l’essentiel :
Ce pays n’a jamais vraiment existé. C’est une fiction entretenue par la force et la mémoire blessée. C’est une construction idéologique et militaire. Ce n’est pas une nation née d’un processus organique. Il se proclame nation, mais dont l’assise repose sur une contradiction flagrante : bâtir un foyer en effaçant celui des autres. Or, ce qui naît de la négation ne peut s’épanouir qu’au prix d’une perpétuelle violence. Un pays qui ne parvient pas à se reconnaître lui-même ne supporte pas que les autres existent autour de lui. Sa présence est inséparable de l’absence qu’il impose. Mais, comment un pays pourrait-il exister quand son existence repose sur la négation de celle des autres ?
Depuis un siècle et plus, ce qui dure n’est pas un peuple enraciné dans une terre, mais une occupation d’une terre, une domination sans fin. Une main qui s’empare, une armée qui colonise, une injustice qui se répète comme le ressac. Israël n’existe pas : il survit dans le vacarme de ses armes, il tremble sous le poids de ses propres fantômes. Comment un pays peut-il exister en tuant et en affamant les enfants d’un peuple voisin?
Ce qui a pris racine, ce n’est pas un peuple dans une terre, mais un système de dépossession, une mécanique implacable de murs, de checkpoints, de cartes redessinées à coups de baïonnettes et de bulldozers. Là où d’autres voient une patrie, je ne distingue qu’une injustice érigée en principe fondateur. Nul ne peut dormir tranquille lorsqu’il couche sa mémoire sur des ruines, nul État ne peut respirer quand ses murs étouffent la respiration d’autrui.
Israël n’existe pas comme État stable et souverain : il existe comme puissance coloniale, comme structure de domination. Ce qui persiste, c’est une mécanique : annexer, contrôler, tuer, affamer, bombarder, expulser. Israël vit dans la contradiction. Il proclame sa légitimité, mais il la sape lui-même en refusant celle des autres. Un tel État, hanté par sa propre mauvaise conscience, ne peut connaître la paix. Ne peut exister!
Dans son essence, Israël ne se défend pas d’un ennemi extérieur mais de ses propres spectres. Ses véritables adversaires ne sont pas les enfants de Gaza, mais la culpabilité de sa naissance. En réparant le mal nazi par le mal sioniste, en faisant de l’occupation de la Palestine une vengeance, l’a condamné dès l’origine. Depuis, la mauvaise conscience l’accompagne comme une ombre. Nul État, nul être humain, ne peut dormir paisiblement sur un lit d’expulsions, de ruines et de sang. Avec le sionisme, l’histoire se répète comme une blessure qui refuse de se refermer.
Gaza, et tous les Gaza qui l’ont précédé ne sont pas le théâtre d’une querelle entre deux peuples condamnés à la haine, ne sont pas des querelles entre frères, ni une haine atavique entre deux peuples. Ce récit est une illusion que l’on nous vend pour simplifier, pour travestir, pour masquer, pour détourner. La vérité est plus nue : il ne s’agit pas d’un conflit religieux, ni d’un duel ethnique, mais d’un affrontement entre l’occupant et l’occupé, entre la force et le droit, entre l’injustice et la dignité. Ce qui brûle là-bas, ce n’est pas la haine, c’est l’injustice. Elle seule, je la hais. Pas les hommes, pas les croyants, pas les incroyants, pas les peuples. L’injustice, oui, qu’il faut jeter à la mer comme une pierre maudite.
Dire « je ne hais pas les juifs » n’est pas une précaution rhétorique, mais une vérité fondamentale. Je ne hais pas les juifs. Je ne hais personne. La haine des hommes n’engendre que d’autres chaînes. Ce que je hais, ce que je rejette avec toute la force de ma pensée, c’est l’injustice. L’injustice comme une politique savamment planifiée. C’est elle, et elle seule, qu’il faudrait un jour, jeter à la mer pour espérer voir naître un monde plus juste.
Israël ne serait rien sans ceux qui l’ont rendu possible. Les puissances coloniales européennes, la Grande-Bretagne en premier lieu, ont ouvert la voie, instrumentalisant une terre pour en faire le théâtre d’un projet qui les dépassait. Puis, quand l’Europe s’est effacée, les États-Unis ont pris la relève, investissant Israël de leur puissance militaire, diplomatique et économique. Sans ce soutien massif, Israël n’aurait pas survécu dans un environnement qu’il s’acharne à rendre hostile. Il est moins une nation qu’un poste avancé, un relais stratégique de l’Occident au cœur du Moyen-Orient. Sans ce soutien, Israël ne serait qu’un fragment de sable perdu dans le vent.
Gaza, loin d’être un simple champ de bataille, est le symbole de cette impasse. Il ne s’agit pas, contrairement au récit dominant, d’une haine ancestrale entre deux peuples. L’explication ethnique ou religieuse est une fiction commode. Ce qui est en jeu, c’est la justice et le droit international. Or, l’injustice ne se réduit pas à une erreur politique : elle est structurelle, inscrite dans le projet même d’Israël et renforcée par ses parrains occidentaux. Il n’existe pas comme un état, un pays. Il existe comme une aberration.
Au risque de me répéter, le problème n’est pas un peuple, mais une injustice. En Palestine elle prend une forme aiguë, systémique, paradigmatique. La résistance était de mise!
Devant tant d’injustice, la résistance palestinienne peut paraître, pour certains, comme une violence aveugle. Elle est un droit reconnu par les instances internationales. Le droit légitime d’un peuple refusant l’effacement. Elle est le prix terrible, payé en vies humaines, de la dignité préservée. Être Palestinien, dans le contexte de l’occupation sioniste, c’est incarner la résistance ; parler de Palestine, c’est parler d’espérance. La terre devient non seulement un enjeu géographique, mais un symbole : celui de la justice que l’on arrache aux puissants, de la mémoire qui refuse l’oubli.
La résistance palestinienne ne se nourrit pas de haine, mais d’une obstination à vivre, à rester debout, à défendre un sol, une maison, un olivier, un horizon. Elle est le cri d’un peuple qui refuse de disparaître, même au prix de dizaines de milliers de martyrs. Elle est l’ultime nom de la dignité humaine face à l’écrasement.
La résistance palestinienne est l’autre nom de la dignité, une parole debout face au vacarme de l’acier. Palestine, une terre à reprendre non seulement à l’occupant, mais à l’oubli. Une terre qui se lève chaque matin, même couverte de cendres, et qui proclame au monde : « L’injustice n’aura pas le dernier mot. »
Plus que jamais, dire « Palestinien », c’est dire résistance. Dire « Palestine », c’est dire espérance. Une terre à reprendre et à refaire non pas seulement géographiquement, mais spirituellement : une terre qui symbolise pour des millions de gens que l’injustice n’a pas le dernier mot, que la mémoire des humiliés peut encore se dresser face aux puissants, et que la justice, même lorsqu’elle semble enterrée sous les ruines, conserve le visage de l’avenir.
Mohamed Lotfi
16 août 2025
parfaitement exact. On pourrait parler d’un état « coucou » comme l’oiseau qui vient prendre le nid pourtant occupé et qui vire les occupants.
Patrick Maurieres
Une belle rencontre.
Ce matin j’ai posté ma contribution sur la nouvelle flottille que j’ai qualifiée de « Brigades internationales ».
Sur mon mur presque immédiatement s’affiche ce commentaire sous la signature de Marc, que je ne connais pas.
« Cher Patrick Maurieres, cette initiative est extraordinaire et de plus, elle vient au moment même où j’ai lancé la même idée lors d’une tribune sur Mediapart. Je souhaiterais vous envoyer ce texte et me joindre à cette initiative. Merci de m’indiquer la marche à suivre. »
Nous échangeons donc nos mail, Marc me communique le lien de sa contribution que je lis immédiatement. Je souris car il emploie la même expression que moi celle des Brigades Internationales, sauf qu’il ignorait l’initiative qui se préparait et qu’il appelait de tous ses vœux dans sa tribune sur Médiapart.
Extraits
« Levons-nous en masse et convergeons vers Gaza pour protéger son peuple de la barbarie. Organisons dès maintenant à l’échelle mondiale le recrutement de volontaires décidés à risquer leur vie s’il le faut. »
« Imaginez non pas une embarcation mais une Armada pacifique toute entière s’approchant de Gaza ; il ne s’agirait plus là pour l’armée israélienne bardée d’armes d’arraisonner un fragile esquif et ses courageux activistes humanitaires pour les maltraiter en toute impunité ! »
Mieux, dans cette bouleversante tribune (ce que je lui indique, ému) Marc s’engage à titre personnel :
« Si notre projet de Bouclier pour Gaza se concrétise, je tiens à être dans les premiers bateaux, et si je devais mourir pour Gaza, quelle ironie de l’Histoire cela serait ! Avoir échappé aux Nazis pour être la victime de sionistes fanatiques contaminés par la maladie de nos bourreaux. »
Marc Held, retenez ce nom, m’écrit ensuite, toujours par mail :
« Vous avez dû le calculer, je vais avoir 93 ans plutôt bonne forme, sauf mes jambes après un accident, mais je suis prêt moi-même à être présent sur l’un des bateaux ».
Voilà le lien pour découvrir cette contribution importante, que je vous invite à lire comme je l’ai fait lentement (moi avec émotion) puis ensuite de la relayer afin qu’elle soit partagée.
Elle est celle d’un juste d’aujourd’hui.
https://blogs.mediapart.fr/…/des-brigades…
C’est quoi un Homme ?
« C’est le combat de l’ombre et de la lumière. C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur. Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté » écrivait Aimé Césaire.
J’ai en cherchant sur les réseaux trouvé une photo de mon nouvel ami dont l’auteur est Daniel Perron. Marc me pardonnera cette intrusion, mais comme à mon habitude j’essaie de donner un visage à toutes ces personnes qui voient plus haut que l’horizon. Marc est un bel homme.
Lisez donc ce texte et retenez ce nom : Marc Held et si d’aucuns ont des contacts directs avec les organisateurs de la nouvelle flottille, dites leur que Marc est prêt à en être.
Merci Danièle pour la communication de patrick et le témoignage de Marc Held.
enfin j’ai le sentiment que mon travail fonctionne un peu.
merci infiniment et à bientôt de se voir chère Danièle !
Daniel
Le nombre de personnes qui approuvent est gratifiant bravo Danièle et merci.
Sur le commentaire précédent, le lien vers le blog MDP a été modifié.
Il fallait lire celui-ci :
https://blogs.mediapart.fr/skop/blog/060825/des-brigades-internationales-pour-gaza?fbclid=IwY2xjawMTS59leHRuA2FlbQIxMABicmlkETBlQkl2SkM0eHJLSTFtTEpJAR4MizT8vWgBi9lv_6Fvt_fria9f7pTi7Pi2IdnWcKvSerE8Z-QC3xgpL4vHMg_aem_eCo65b0pgrmS9bFKb0GOkg
A défaut de pouvoir assister aux réunions de soutien au peuple de Palestine, je voudrais transmettre ici quelques-uns des documents que je m’efforce de rassembler, dans l’espoir d’éclairer une situation (complexe), volontairement orientée par ce qui nous est servi comme information officielle.
Très souvent, « les lueurs d’espoir viennent de l’histoire »
Ré-écrire celle-ci d’une façon biaisée ne peut que semer la violence et la haine (pour le seul intérêt des faussaires), d’où cette volonté de remonter le temps jusqu’aux origines du déchaînement de la barbarie, afin de déconstruire le récit calamiteux qui cause tant de souffrances! (et où l’humanité entière risque de perdre son âme; voir le texte suivant que j’ai souhaité partager aussi)
Ceci est un texte de Jean-Paul MAHOUX :
GAZA et JERUSALEM 1000 ans avant notre ère …
Au commencement était le métissage.
Et si on parlait d’une ville (Gaza) et d’un village (Jérusalem), 1000 ans avant notre ère ? L’Histoire – la vraie – recèle toujours des vérités enfouies qu’il faut chercher comme des trésors dans les entrailles de la terre. La vérité est que les Israéliens d’hier (ancêtres réels ou choisis des Juifs d’aujourd’hui) et les Philistins d’hier (prédécesseurs des Palestiniens à qui ils ont donné leur nom) se mélangèrent pour former une constellation de populations au final assez proches contrairement à ce que martèlent les fadaises bibliques et coraniques. Ce n’est pas moi que le dis, c’est l’ADN des tombes de Gaza et de Judée, c’est l’archéologie des sites palestiniens et israéliens, c’est l’analyse intertextuelle des sources.
A l’origine était le métissage. Explications
A l’âge du Bronze, au 12e siècle avant JC, les Peuples de la mer (d’origine égéenne c’est à dire crétoise, anatolienne, chypriote) émigrent au Levant. Ces pirates ont un haut degré de civilisation (proto-écriture, maitrise de la céramique et du fer). Ils abattent l’Empire Hittite, le royaume d’Ougarit, menacent l’Egypte. Repoussés par Ramses III, ils envahissent son vassal, le pays de Canaan, c’est-à-dire des territoires sémitiques couvrant les actuels Israël, Palestine, Liban et Sud Syrie.
Un de ces peuples, les Philistins, s’établit sur la plaine côtière de Gaza à Jaffa. Ils fondent des cités-états florissantes : Éqron, Ashdod, Ashkelon, Gath et Gaza. Ils donnent leur nom au pays : Palestine. Le terme Palaistinè apparait sous la plume du géographe grec Hérodote, c’est une forme dérivée de l’araméen pelištaʾīn pour dire Philistins. On entend encore cette origine en arabe et en hébreu. Au 12e siècle avant notre ère, Gaza devient donc une cité égéenne au haut degré de civilisation. On va revenir aux Philistins et à leur métissage dans quelques instants …
Au même moment, en ce 12e ACN, des populations rurales déracinées s’installent dans les hautes terres inoccupées des actuelles Judée et Cisjordanie. Ces populations cananéennes s’appelleraient les Israélites (nom générique apparu aux alentours de 1200). Il est frappant de constater que les noms de Palestine et d’Israël surgissent en même temps.
Pourquoi les Israélites occupent-ils les hautes terres si peu fertiles et où l’eau est si rare ? Pour se mettre à l’abri des Peuples de la Mer. Peut-être. Mais ces populations sont peut-être aussi issues d’un exode social : des marginaux, les Apirous fuient les violentes oligarchies inégalitaires des cités cananéennes. Le petit village de Jérusalem (Urushalim), sur un site abandonné qui renait à cette époque, aurait donc pour origine un exil de pauvres déracinés ? Oui. Comme Gaza aujourd’hui.
Il semble que dans les hautes-terres de Judée, ces marginaux sédentaires établis dans une vingtaine de villages se soient mêlés aux populations pastorales, les Shasous, des nomades venus du Néguev. Premier métissage. Tous vivent dans un cycle alternatif de sédentarisation-nomadisation car la pluviométrie est faible et inconstante. Comme aujourd’hui. Parenthèse archéologique : on ne trouve que très peu d’armes dans ces sites, preuve que la population est extrêmement pauvre. Autre parenthèse, on ne trouve aucun os de cochon. Pas de porc au menu pour les populations semi-nomades de Juda. Pourquoi ? Essayez de faire transhumer des cochons et vous verrez.
Et Gaza ? Gaza rayonne. Sa culture matérielle (urbanisme, économie, arts domestiques, armes, proto-écriture) demeure plutôt en pointe dans le monde du Levant comme le démontre Israël Finkelstein, chef du département d’archéologie de Tel-Aviv. Cette cité va se métisser avec ses voisins. Selon les sources égyptiennes et les informations intertextuelles bibliques, il apparait que les pauvres bergers israélites s’enrôlent comme mercenaires chez les Philistins. Il est vraisemblable que ces personnages anonymes aient inspiré le fictif David dont la Bible écrite des siècles plus tard fera un roi fondateur mythique. Mais un autre personnage biblique légendaire incarne le lien entre Israël et la bande de Gaza : le héros Samson, sorte d’Hercule biblique, qui va carrément épouser une jeune fille philistine : Dalila (nom signifiant en hébreu « Porte de la nuit » et « Guide » en arabe). Elle vient de la vallée de Sorek, faubourg de l’actuelle Ramallah (on voit que ces Philistins Palestiniens étaient donc déjà – eux aussi – en Cisjordanie, c’est la Torah qui le dit, alors …).
Mais que nous dit ce mythe de Samson et Dalila ? Que les Philistins venus de Gaza et les Israélites des Hautes Terres se métissent. Et que disent l’archéologie et la génétique ? La même chose. Les échantillons ADN des tombes du début de l’âge du fer montrent un mélange grandissant entre populations d’origine européenne (les Philistins) et populations sémitiques (Cananéens Israélites). Les signatures génétiques des squelettes trouvés à Ashkelon sont sans appel. Je vous renvoie aux travaux de Daniel Master, Michal Feldman, Aren Maeir. Les dernières sépultures philistines ont des signatures génétiques similaires aux populations locales.
Cependant cette rapide assimilation génétique des Philistins ne va pas modifier leur culture, clairement identifiable pendant des cinq siècles, jusqu’à la destruction / déportation des élites philistines par les Babyloniens en 604 ACN. Ce peuple philistin mêlé aux Cananéens Israélites, va se fondre au monde hellénistique à partir du 4e siècle ACN et rester grec de langue jusqu’à la conquête arabe au 7e siècle PCN, et même longtemps après. Certes mais quel rapport avec le métissage ? Il est dans la Bible, ce concentré de métissage culturel. Ecrite par strates entre le 7e siècle et le 1er siècle avant JC, elle comporte des influences diverses et notamment grecques. Une influence hellénistique tardive via notamment l’extraordinaire diaspora juive en Egypte Ptolémaïque ? Certes. Mais qui sait si le mythe de Samson inspiré d’Hercule et le mythe de David et Goliath inspiré d’Homère, ne sont pas parvenus aux Hébreux de Jérusalem via les Philistins hellénisés de Gaza ?
Pour finir, quittons la cité de Gaza et revenons à Jérusalem, petit village israélite isolé au 10e siècle ACN. L’identité israélite naissante est-elle ethnique ? Non. Les chefferies de Juda (Judée) et de Cisjordanie (Israël qui deviendra Samarie) construisent leur identité autour de généalogies tribales similaires ou qu’on va rapprocher. Autour d’une langue hébraïque aussi mais qui n’est pas encore ou si peu écrite (et qui sera remplacée à l’époque Perse par l’araméen venu de Syrie). Autour d’une vénération commune également, celle du Dieu « Yhwh », Yahvé avec des voyelles, une divinité fonctionnelle de la nuée dans ce pays qui manque d’eau. Mais ce Dieu, marié à la Déesse Asherah, n’est absolument pas un Dieu unique puisque les Israélites sont polythéistes comme leurs voisins philistins et comme tous les peuples du Levant.
Pas d’identité fondée sur une unité ethnique alors ? Non. Pas plus que pour les Philistins de Gaza. L’élément originel cananéen du peuple d’Israël s’est métissé au Sud, avec les bédouins du Néguev, au Nord avec les Phéniciens et les Araméens et à l’Ouest avec les Philistins.
Cette origine métisse du peuple d’Israël est probablement à l’origine de l’obsession endogamique aux relents racistes qu’on retrouvera dans la Bible, ce livre qui va construire une identité nationale et religieuse israélienne sur une saga passionnante mais fausse. On ne répétera jamais assez que la Torah est, comme le Coran, un roman nationaliste postérieur de plusieurs siècles aux événements réels. Et les évènements réels disent que Gaza et Jérusalem viennent du même monde et des mêmes peuples.
Il nous faudrait remonter beaucoup plus loin en amont encore pour identifier « le racisme », mais c’est un autre sujet (qui mériterait d’ailleurs d’être étudié lui aussi).
encore merci Danièle pour cette information. amitiés Daniel
«les crimes commis aujourd’hui nous atteindront tous»
Leila Sansour
Leila Sansour la cinéaste livre un constat lucide, implacable : «les crimes commis aujourd’hui nous atteindront tous. (…) Ils s’infiltreront dans le sang du monde. La famine et le génocide ne laissant que le chaos là où se trouvait autrefois le sens de l’humanité resteront gravés dans la mémoire collective pendant des générations.» Et aucune «force alliée pour briser le miroir devant nous…»
La famine à Gaza marque l’effondrement de la morale d’Israël
Quand chacun retrouvera enfin la raison, y compris les Israéliens,
nous ne saurons plus par où commencer
pour faire le bilan de la famine et du génocide à Gaza.
Leila Sansour, Haaretz, jeudi 21 août 2025
Que dire de la famine, à Gaza ou ailleurs, sinon qu’il s’agit d’un supplice sordide, si dénué de sens humain qu’il est impossible de le raconter et, par conséquent, de le consoler. Primo Levi, survivant de l’Holocauste, a écrit un jour : « La lutte pour survivre est sans pitié ni dignité. » Il insistait sur le fait qu’il n’y a aucune poésie dans la faim.
Depuis un mois ou plus, nous voyons tous des corps squelettiques à Gaza, conduits comme du bétail vers des camions d’aide, pour être abattus alors qu’ils se précipitent pour récupérer des miettes. Sur d’autres écrans, des porte-parole israéliens répètent leurs mantras creux, des mots qui sonnent faux face à ces scènes macabres. Nous frissonnons lorsqu’ils reviennent, et nous nous illusionnons en croyant que la facilité verbale peut étouffer l’atrocité. La dissonance est obscène.
Les experts nous rappellent que la famine ne s’abat pas comme un feu de forêt ; elle doit être construite, planifiée au fil du temps. La famine n’est pas un accident, mais une décision, une architecture de cruauté. Pour amener tout un peuple à une telle fin, il ne faut pas négliger, mais bien agir : frontières fermées, aides bloquées, infrastructures détruites. Et la faim, une fois arrivée à maturité, ne se contente pas de ronger les corps ; elle dévore le tissu social lui-même, laissant le chaos là où se trouvait autrefois le sens de l’humanité. Tel est Gaza aujourd’hui – et personne ne doute plus de l’identité de celui qui a façonné cette monstruosité.
Et c’est peut-être là que réside la question la plus sombre : quel genre d’âme s’attache à créer la faim ? Quel genre d’esprit imagine et met en œuvre la lente famine de ses semblables ? Quel caractère révèle une nation capable d’une telle ingéniosité perverse ?
Peut-être que toutes les nations sont capables d’une telle cruauté lorsqu’elles perdent leurs repères. Mais il est certain qu’Israël a complètement perdu ses repères.
Je résiste à l’envie de généraliser, peut-être pour entrevoir une lueur d’espoir au milieu des ruines. Ces jours-ci, j’ai l’impression que les portes du désespoir pourraient se refermer sur nous à jamais. J’essaie, tant bien que mal, de garder au moins une lueur d’espoir.
« Quelle est la situation en Israël ? » demandai-je à mon amie qui y vit. Je veux dire : y a-t-il une lueur d’évolution dans l’opinion publique, malgré les sombres sondages qui révèlent un état d’esprit d’une froideur effrayante ?
Elle reste silencieuse. Autrefois, nous discutions de toutes sortes de choses : du sionisme libéral, des limites de la solidarité, et même de la meilleure voie à suivre. Aujourd’hui, ces conversations semblent être des vestiges d’un autre siècle. Ce monde s’est effondré.
Je demande à nouveau. « Il n’y a pas de changement, même maintenant ? Même avec la famine ?! » Toujours pas de réponse.
Nous en avons déjà parlé. « Ce n’est pas que les Israéliens ne savent pas », m’a-t-elle dit un jour. « C’est qu’ils se sont repliés sur eux-mêmes pour ne pas savoir. » L’esprit invente des moyens de ne pas voir quand l’image à laquelle il doit faire face est son propre effondrement moral.
« Comment ça se passe à Londres ? » demande-t-elle. Je suis restée à Londres depuis le début de l’attaque israélienne sur Gaza.
« J’ai entendu dire que les opinions se durcissent. C’est nous les méchants maintenant, n’est-ce pas ? » demande-t-elle – espérant peut-être me remonter le moral, peut-être s’autoproclamant une forme de punition.
« Oui », répondis-je. « Israël a finalement été relégué au rang de paria, et il n’y a pas de retour en arrière possible. Tout le monde – sauf les opportunistes profiteurs – peut voir ce qui se passe. On a récemment demandé à une Israélienne que je connais d’où elle venait. Elle s’est elle-même choquée en répondant : d’Allemagne. C’était aux États-Unis. Voilà où nous en sommes maintenant. Et il n’y a aucun réconfort à cela, aucune bonne nouvelle qui vienne nous soulager, car les crimes commis aujourd’hui nous atteindront tous. Ils ne cesseront pas avec le siège. Ils s’infiltreront dans le sang du monde. La famine et le génocide resteront gravés dans la mémoire collective pendant des générations. »
Quand chacun retrouvera enfin la raison, nous ne saurons plus par où commencer. « La tragédie », lui dis-je, « c’est qu’il n’y a aucune force alliée pour briser le miroir devant nous d’un seul coup décisif. Aucune puissance qui forcera Israël à regarder l’horreur de ses actes et à emprunter la voie des excuses et de la réconciliation. Sans cela, nous risquons de vivre au cœur d’un conflit programmé pour l’éternité. »
« Nous sommes tous impressionnés qu’une poignée d’hommes dépravés puissent exercer un tel pouvoir et contrôler nos vies », dit mon amie. « Israël a un avenir sombre. Je ne resterai pas ici. »
« N’est-ce pas amèrement ironique », dis-je, « qu’une terre d’une grâce si rare ait été cédée, livrée aux imaginations les plus dépravées – à des hommes dont la vision ne peut s’élever au-dessus de la brutalité ? » Je n’ai jamais compris la passivité du camp de la paix israélien.
« Peut-être n’avez-vous jamais ressenti l’urgence. Mais maintenant ? Pourquoi les soldats ne refusent-ils pas de servir ? Il y a quelques mois à peine, l’un des avocats d’Israël, qui a autrefois défendu le pays devant la Cour internationale de justice, a publié un essai accusant Israël de crimes de guerre et avertissant les soldats qu’ils ont non seulement le droit de refuser d’obéir aux ordres, mais l’obligation de le faire. Pourquoi n’y a-t-il pas d’organisation politique sérieuse pour défier ces monstres dans les urnes ? »
« Si un tel parti émerge, je le rejoindrai », dit mon ami.
« Vous savez », dis-je, « tous les Israéliens que je connais disent la même chose. Tout le monde veut suivre, mais qui est prêt à diriger ? »
On s’arrête là. Je pense qu’elle a compris le défi. L’horreur la plus grande n’est peut-être pas seulement ce qu’Israël a fait, mais aussi le fait que personne en son sein ne se prépare à le faire basculer dans une autre dimension.
Leila Sansour est une cinéaste palestino-britannique, réalisatrice des documentaires Jeremy Hardy contre l’armée israélienne et Open Bethlehem. Elle est la fondatrice et directrice exécutive de la campagne Open Bethlehem.
Leila Sansour, Haaretz, jeudi 21 août 2025 (Traduction Google)https://www.haaretz.com/opinion/2025-08-21/ty-article-opinion/.premium/gazas-famine-is-the-collapse-of-israels-moral-compass/00000198-bd5c-d658-ad9c-ff5e09de0000
Merci pour cette participation intéressante. Daniel
Je viens de relire ce texte. Je le mets dans la prochaine INFO. Merci Danièle.